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Vendredi saint au lycée

by sebastien mauras last modified 2006-05-17 16:34

Une trentaine de personnes, élèves et professeurs se sont réunis pour un temps de prière et de partage en démarche vers Pâques

 

Vendredi 14 avril 2006, une trentaine d'élèves et de professeurs ont vécu un temps de ressourcement et de prière intérieure.

Plusieurs d'entre eux avaient préparé une étape de la Passion du Christ. Un temps d'intériorité partagé qui nous parle du Christ aujourd'hui dans notre vie d'hommes et de femmes, jeunes et adultes.



 

Récit de la Passion du Christ commentée par des élèves et des professeurs du Lycée.

 Reniement de Pierre (Marc 14,66 – 72) : commentaire par Jean-Louis (professeur d’Histoire
)

" Sur le mont des Oliviers, Pierre dit à Jésus : " même si tous viennent à tomber, moi je ne tomberai pas. Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas ". mais quelques versets plus loin, après l’arrestation de Jésus :" Comme Pierre était en bas, dans la cour, arrive une servante du grand prêtre. Elle le voit qui se chauffe, le dévisage et lui dit : " Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth ". Pierre le nia : " Je ne comprends pas ce que tu veux dire ". Puis il sortit dans le vestibule. La servante recommença à dire à ceux qui se trouvaient là : " en voilà un qui est des leurs ! " De nouveau, Pierre le nia. Un moment après, ceux qui étaient là lui dirent : " Sûrement tu en es ! D’ailleurs, tu es Galiléen. " Alors il se mit à jurer : " Je ne connais pas l’homme dont vous parlez. " Il m’est parfois arrivé de ressentir une allégresse qui m’a rappelé celle de Pierre, sur le mont des Oliviers.

Dimanche dernier par exemple, je participais à un rassemblement, avec d’autres Chrétiens, à Voreppe. Nous étions nombreux, l’ambiance était chaleureuse ; pendant les temps de partage, en petits groupes, nous avons parlé de notre foi, en confiance ; pendant la célébration, nous avons ensemble dit " notre Père ", nous avons chanté pour notre Dieu, dans la joie. Mais il m’est aussi parfois arrivé de ressentir un malaise qui m’a rappelé celui de Pierre, dans la cour du Sanhédrin.

 Combien de fois, au milieu de gens tenant un discours anticlérical agressif, je ne me suis pas fait reconnaître comme croyant, je n’ai pas témoigné de ce que je vis simplement en Eglise, aux antipodes de ce que j’entendais.

Lundi en fin d’après-midi, je participais à un groupe de travail, avec des profs d’Histoire-Géo du public. En attendant que tout le monde soit là, nous échangions des nouvelles : " Hier, on s’est réuni pour préparer la manif anti-CPE de mardi, mais Villepin nous a coupé l’herbe sous le pied ce matin " explique l’un. " Moi, hier, comme il faisais grand beau, j’ai fait le tour du lac à vélo ", raconte l’autre. Un collègue l’interpelle en riant : " Comment ! Tu n’es pas allé à la messe des Rameaux, chercher ton petit bout de buis pour servir de paratonnerre à ta maison ? Protection garantie contre les incendies, les termites et les cambrioleurs ! " Hilarité générale. Et le collègue donne aux autres, qui n’avaient pas de connaissances sur la Semaine Sainte, une description particulièrement grotesque des rites qui la marquent. Soudain, on me demande : " Et toi, le prof du Privé, qu’est-ce que tu as fais, hier ? " " Oh, moi, j’étais vers Voreppe. Du col de la Placette, la vue est magnifique, entre Chartreuse et Vercors… " Et j’ai vite aiguillé la conversation sur autre chose…"

 Aussitôt, ", dit l’évangile, " un coq chanta pour la seconde fois. Alors Pierre se souvint de la parole de Jésus : " avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois ". Et il se mit à pleurer.

Simon de Cyrène (Marc 15, 21-28) : commentaire par Paul (1ère S2)

 En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix. Arrivés à l'endroit appelé Golgotha, c'est-à-dire : Lieu-du-Crâne, ou Calvaire, ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire. Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ; et ils restaient là, assis, à le garder. Au-dessus de sa tête on inscrivit le motif de sa condamnation : " Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. " En même temps, on crucifie avec lui deux bandits, l'un à droite et l'autre à gauche. Commentaires Simon de Cyrène, père de famille, travailleur, passe là par hasard. Rien ne le destine à porter la croix. Ni sa sainteté, ni sa méchanceté. Il la porte, contraint. Au pas de ce condamné épuisé, incapable d'aller jusqu'au bout, il marche sous la croix, sur le chemin d'un autre, au rythme d'un autre. Sans un mot, indifférent aux cris, aux pleurs, aux protestations, il finit par ne plus voir que Jésus qui marche là, devant lui.

Simon de Cyrène nous ouvre la voie du mystère de la communion aux souffrances du Christ et de la présence du Christ dans la souffrance des hommes. Nous disons parfois devant la souffrance inexplicable que chacun doit porter sa croix. En théorie nous savons que la souffrance est une dimension de la vie. Mais quand l'épreuve ou le malheur surgissent, nous crions au scandale.RéflexionsCe n'est pas un disciple, ce n'est pas un ami, les apôtres se sont dispersés. Pourtant il ne se dérobe pas et porte la croix qui ne lui était pas destinée. Il en est tant que la vie contraint à porter la croix sans savoir que c'est la croix du Christ. Ils la portent chaque fois qu'ils se dépassent pour nourrir, vêtir, accueillir l'inconnu. "Nous ne te connaissions pas", disent-ils au Christ, mais lui, "c'est à moi que vous l'avez fait." (Patriarche Bartholomée Ier) Prière : Fais-nous abandonner les croix illusoires,que nous voulons choisir. Fais-nous porter celles de nos frères, la croix de ces millions d'hommes, qui n'aurait aucune signification s'il n'y avait eu ce geste de Simon.

Crucifixion (Marc 15, 24 – 32) : commentaire par Sébastien (animateur en pastorale) :

 " On se moque de Jésus, l’inscription - roi des juifs - est inscrite au dessus de lui, on se partage ses vêtements, on le considère comme un bandit, on le défie de rebâtir le temple en 3 jours, et de pouvoir se sauver " . Les hommes recherchent des preuves qu’il est le fils de Dieu, qu’il puisse sauver le monde. " que le Messie, le roi d’Israël, descende de la croix ; alors nous verrons et nous croirons ". Face à toutes ces injures, Jésus ne réponds pas.

Moi aussi, j’aimerai avoir des preuves, qu’il soit un Dieu fort et qu’il transforme ma vie, la société. Qu’il me sauve de toutes les malveillances, des moqueries des autres. Peut être j’ai honte de dire ce en quoi je crois, ce que je vis, car croire au Christ, cela fait ringard dans une société qui prône le chacun pour soi, le plaisir de soi avant tout. Est-ce que je suis conscient qu’il est là dans ma vie, qu’il m’accompagne dans mes doutes, mes souffrances ou suis-je plutôt en train d’attendre des preuves, qu’il puisse me sauver avec lui. J’aimerai qu’il m’indique la voie, le chemin, qu’il me renforce de courage pour ne pas désespérer, pour ne pas douter. Lui ne réponds pas, il endure ces injures et garde une confiance totale vers son Père. Et moi est-ce que je garde confiance en Dieu pour avancer, pour faire face aux difficultés. Est-ce que je lui partage ma vie, avec mes interrogations et mes points obscurs. Etre avec Jésus, c’est savoir que nous sommes aimés de Dieu quoi qu’il arrive.

Mort de Jésus (Marc 15, 33- 41) : commentaire par Pauline (T S1)  :

Dans ce passage de l’évangile de Marc, on peut sentir la solitude de Jésus au moment de sa mort. Il est soumis à la moquerie de ceux qui ne croyaient pas en lui. Son seul recours est Dieu, son père, à qui il adresse son cri de détresse. Aujourd’hui nous pouvons être, nous aussi, amené à nous poser cette question devant le malheur, la solitude ou la souffrance. " Dieu, nous as-tu abandonné ? " Mais Jésus est ressuscité et vivant, nous ne sommes donc pas seuls et abandonnés face à ce monde parfois absurde.

Mise au tombeau (Marc 15, 42 – 47 ; 16,1- 8) : commentaire par Marie (T ES) :

Dans les larmes et l’espérance. Jésus est déposé au tombeau Jésus après avoir rendu son dernier souffle, Joseph d’Arthmatie, un disciple de Jésus, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Joseph l’enveloppa dans un linceul neuf et le déposa dans le tombeau puis roula une grande pierre et s’en alla. La mise au tombeau de Jésus représente le temps des larmes.

Qu’est ce que la mise au tombeau aujourd’hui ? Qu’est ce qui nous met au tombeau ? Mais surtout qu’est ce qui nous fait ressuscité ? Si la mise au tombeau est le temps des larmes, c’est aussi le temps de l’espoir et de l’espérance de la résurrection. En effet, l’ange qui vient trouver ces femmes en leur disant : " Ne craignez pas !! " Ces femmes sont paralysées par la peur mais elles sont appelées au courage, à l’audace, à la mission. Alléluia !! Nous sommes toutes et tous appelées à l’espérance et la mission. Osons sortir de la nuit et franchir le seuil du tombeau vide pour accueillir dans nos vies la lumière de Pâques ! Le Christ est ressuscité ! Il est parmi nous. Allons à la croisée des chemins annoncés la bonne nouvelle à nos frères !!!

Résurrection de Jésus (Marc 16, 9-20) : commentaire par le Père Jean-Claude (aumônier) :

 Pourquoi chercher parmi les morts celui qui est vivant ? Vous cherchez Jésus le crucifié ? Il n’est pas ici car il est ressuscité comme il l’avait dit. Allez vite dire à ses disciples : il est ressuscité des morts et il vous précède en Galilée. C’est à cela que vous le verrez. Pour rencontrer Jésus ressuscité il ne s’agit pas de regarder en arrière Ressusciter ce n’est pas revenir prendre sa place dans la vie qu’on menait avant sa mort Jésus ressuscité n’est pas un revenant. Il est passé en avant. Il est entré dans la vie définitive dont nous ferons tous l’expérience. C’est celui qui nous ouvre la route aujourd’hui. Il nous précède, il nous attend au bout du chemin pour nous introduire dans l’éternité de son Royaume Et ce chemin ce n’est pas en nous évadant du monde que nous le trouverons, C’est au contraire en prenant au sérieux les évènements de chaque jour C’est en affrontant les défis de notre temps que nous pourrons le rejoindre Et il nous reconnaîtra aux marques, aux stigmates que les combats pour la justice et pour l’amour auront laissés dans notre chair ! Seigneur nous croyons que tu es devant nous, devant ton Eglise. Que nous soyons des chercheurs passionnés de ta présence, Des observateurs attentifs des signes de ton Royaume que tu fais naître au cœur des évènements et des personnes d’aujourd’hui. Que nos visages ne soient pas porteurs de tristesse et de deuil, mais qu’ils laissent transparaître notre foi en ta résurrection.

 

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