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Compte-rendu de la conférence "représentations du masculin et du féminin"

par Paul MOUGINOT – 1ere S2.

I) Projection d’un film réalisé par les CPS sur les « violences faites aux femmes en France et en Europe »

 
Quelques chiffres marquants pour la France :
  • 10 % des femmes françaises souffriraient de violences conjugales
  • 13 % d’entre elles iraient s’en plaindre au commissariat, mais…
  • …seulement 8 % porteraient plainte.
  • Dans les pays de la Loire, sur un million d’habitants, 4,03 femmes meurent suite à des violences conjugales.

Conclusion apportée par le film : « la violence n’est pas une fatalité, et elle peut être combattue avec un minimum de volonté, en particulier masculine. »

 

II) Accueil et présentation des intervenants

par Mme BRETHE et Mme DESCOTES :

Mme BRETHE propose une définition des « représentations du masculin et du féminin » :

« Ensemble des croyances formées pour répondre à la question : Qu’est-ce que la nature des hommes ? Des femmes ? »

Elle rappelle que la philosophe grec Aristote, au IVe siècle av. JC avait affirmé dans ses écrits que, « par nature, les femmes sont froides et impuissantes »

Présentation des participants à cette conférence :

  • Mme BOVIER-LAPIERRE, biologiste, évoquera les représentations du masculin et du féminin sous l’angle de la tradition religieuse et avec le regard qu’avaient les Pères de l’Eglise.
  • Mme BESSON, post-doctorante en philosophie, tentera, en évoquant sa thèse, de répondre à la question : Pourquoi les femmes, notamment philosophes, ne sont pas assez considérées ?
  • Mme DUBESSET, historienne et spécialiste du XIXe siècle, évoquera la période charnière située entre le XIX et le XX siècle. Pendant cette période, les représentations du masculin et du féminin ont beaucoup évolué.
  • Mme VIANES, présidente de l’association « Regards de femmes ».
 

Une problématique générale est posée : Pour que les hommes et le femmes soient égaux, faut-il annihiler leurs différences ?

 

III) Intervention de Mme BOVIER-LAPIERE

 

Les éléments à retenir de cette intervention sont présentés sous forme de liste.

Se proclame d’emblée non philosophe, et explique qu’elle n’est pas spécialiste de la question.

Les pères de l’Eglise sont des auteurs chrétiens chargés de responsabilités pastorales dans les premiers temps du christianisme (III – VIIe). Ce sont en quelque sorte les héritiers de St Paul ou St Luc : ils ont « inventé » l’Eglise. On distingue deux périodes dans leur activité :

I. De la mort de Jésus jusqu’au règne de Constantin : les temps de lutte pour pouvoir affirmer sa foi en Jésus. Les chrétiens sont persécutés ; c’est l’époque des pères apologistes (Clément d’Alexandrie (orient), Tertullien (occident) .(élément supprimé)

II. A partir de la fin du VIIe : c’est la lutte contre les hérésies (Conciles de Nicée). Epoque des pères dogmatiques (Jean Chrysostome (orient) ou St Ambroise ; St Augustin (occident)

Aujourd’hui, on parle de culture « judéo-chrétienne », culture qui découles des décisions successives de ces pères de l’Eglise :

I. Au départ, il fallait transmettre le message de Jésus-Christ, convertir les peuples du bassin méditerranéen pour le retour perçu comme « imminent » du Christ.

II. S’apercevant que Jésus ne reviendrait pas « tout de suite » sur Terre, il fallait que la croyance, pour être pérenne, s’organise en religion. Résultat : organisation d’une vie sociale sur les bases du judaïsme (dans cette religion, les représentations du masculin et du féminin existent depuis 2000 ans)

III. C’est ainsi, que dans un monde désormais hiérarchisé par des représentations anciennes du masculin et du féminin reprises par les pères de l’Eglise, on observe une soumission de la femme.

IV. Cependant, du fait du contenu du message de Jésus, on a transmission d’un message d’égalité intrinsèque entre les deux sexes : « Votre femme est un être libre » (Jean Chrysostome)

_ Evocation du Pneuìa (pneuma), souffle de vie donné par les hommes et non par les femmes.

_ Aujourd’hui, que reste-t-il de ces représentations du masculin et du féminin introduites par les pères de l’Eglise ?

o Références : Le sourire de Mona Lisa, avec Julia Roberts.

o Il reste un reliquat des temps anciens, notamment une auto-censure automatique des femmes (ex : dans les études)

o Dans l’espace scolaire, ces représentations sont caduques.

o Dans l’espace du travail, ces représentations sont presque caduques : encore quelques différences dans les salaires, etc.

o Dans le domaine de l’écriture, elles ont disparu (autrefois les femmes devaient souvent prendre un pseudonyme _ George Sand)

o Dans le domaine de la musique, on n’a aucun nom de compositrice en tête…

o Dans le domaine de l’art, l’école des Beaux-Arts n’est ouverte aux femmes que depuis 1900.

o Gestion de la cité : peu de femmes dans les « assemblées », en revanche, on les retrouve beaucoup plus sur le terrain. Seulement 12 % de femmes à l’Assemblée Nationale.

o Dans le domaine de la religion, aucune femme ne peut prétendre à la prêtrise (religion catholique)

 

Conclusion : On assiste progressivement à la mise en place d’un équilibre homme/femme.

L’école gratuite et obligatoire pour tous et surtout toutes a permis une éducation égale. Dans le monde du travail, coopération réelle homme/femme.

Les progrès techniques permettent de commence à quitter les représentations du masculin et du féminin pour garantir une égalité dans l’espace public et privé.

 

IV) Intervention de Mme BESSON

 

Les éléments à retenir de cette intervention sont présentés sous forme de liste.

Post-doctorante, son travail de recherche a porté sur le sujet : « Que peut-on faire quand on est femme et qu’on veut le revendiquer philosophiquement ? »

  • Un constat : peu de femmes sont auteures de philosophie.
  • Elle s’est intéressée en particulier à deux femmes :
  • Lou Andréas Salomé (?), qui fut liée à Nietzsche et à Rainer Maria Rilke et à Freud.
  • Catherine Pozzi maîtresse de Paul Valéry, à la base fille de « bonne famille »
  • Affirme que « Non seulement la philosophie n’a pas été pendant longtemps une discipline féminine, mais elle a tenu pendant des siècles des discours extrêmement sexistes sur les femmes ». Certains philosophe prirent leur plus belle plume pour démontrer que le« féminin appartient au domaine privé »…

Propose quelques jalons philosophiques sur le sujet…

  • Aristote
  • Platon qui, dans La République, cantonne les femmes à leur fonction reproductrice. Cependant, dans Le Banquet, il fait intervenir une femme (Diotime de Mantinée) qui fait un véritable enseignement à Socrate.
  • Rousseau, dans l’Emile, explique qu’il faut éduquer de manière différente et séparée le jeune garçon (Emile) et la jeune fille (Sophie).
  • Chez Schopenhauer¸ misogynie totale dans Métaphysique de l’amour. C’était, cependant, le fils d’une femme libertine qui ne comptait plus ses amants.

Tous ces philosophes ont tenu des propos contre les femmes et ceci n’est pas du tout anecdotique dans leur oeuvre.

Où en sommes nous maintenant ? Les choses n’ont pas totalement changé. On connaît plus de philosophes masculins (Michel Onfray, Luc Ferry, Alain Finkielkraut,…) que de femmes (Elisabeth Badinter). Exemple du couple de Beauvoir/Sartre qui étaient tous les deux à la base philosophes normaliens agrégés. Dans leur correspondance, on constate que Simone de Beauvoir va progressivement déserter le terrain philosophique…

 

V) Intervention de Mme DUBESSET

Les éléments à retenir de cette intervention sont présentés sous forme de liste.

  • Remarque préliminaire sur l’histoire : c’est une discipline essentiellement masculine. Les premières thèses soutenues par des femmes ne datent que de 1966 en France, et le récit historique fait de peu de place aux femmes, mise à part à Jeanne d’Arc (mais est-ce l’archétype de la féminité ?...)
  • Exemple du Panthéon et de son fronton « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante »
  • D’après une enquête européenne, une des rares femmes les plus reconnues est Marie Curie
  • Introduction de la notion de « GENRE » : « > USA, gender, ce qui relève du masculin et du féminin est quelque chose qui est construit, et non pas originel, naturel… » Simone deBeauvoir résume bien le sens de ce terme et en fait une première approche, trèsimportante : « On ne naît pas femme, on le devient »
  • Dans le passé, les hommes voulaient s’assurer le contrôle des femmes pour pouvoir disposer du seuls pouvoir qu’ils ne pouvaient détenir seuls : le pouvoir de reproduction.
  • Attention cependant : la supériorité des hommes ne signifie pas forcément dévaluation des femmes :
    • ? La maternité est un événement souvent à connotation positive dans les civilisations
    • ? Déesses mères très puissantes
    • ? Vierge Marie, notion de mère, concept féminin.
    • ? Au XIXe, est le maillon social par excellence
  • Au XIXe siècle, les représentations du féminin sont manichéennes :
    • ? domaine privé : femmes, mères, images positives
    • ? domaine public : femmes=prostituées ; à mettre en opposition avec hommes publics_très positif, liberté, etc.
  • Allusion à l’Iliade : le même mot est utilisé pour évoquer la mort du guerrier et la mort de la femmes en couche, deux formes héroïques de mort.
  • Le droit de tuer est un monopole masculin mise à part dans certains domaines très précis :

ex : dans la Bible, l’histoire de Judith, considérée comme héroïne pour avoir tué un homme, danger pour son peuple. ZA l’inverse, allusion à Médée.

  • Au XIXe, des pseudos travaux scientifiques ont insisté sur la faiblesse structurelle des femmes. Ainsi, elles ne pourraient pas courir !
  • Mais les choses ont beaucoup changé : des femmes se sont insurgées contre ces clichés, grâce, notamment :
    • ? A la hausse du niveau d’éducation de la population depuis 1914 ; des femmes entrent à l’université, comme Marie Curie.
    • ? L’image du valeureux guerrier est laminée par la guerre de 1914, véritable boucherie qui prive la France et l’Europe de nombreux hommes. Des femmes prennent leur place et acquièrent des responsabilités, émancipation féminine.
    • ? Cette image ne sera plus invoquée que par les régimes fascistes, mais cette image sera de nouveau pulvérisée à Stalingrad notamment.
  • Mais alors, parler de représentations du masculin et du féminin a-t-il encore du sens ? Oui si on admet que les différences entre les représentations du masculin et du féminin sont des constructions culturelles et non pas des faits de nature.
  • ? Le costume quotidien est-il vecteur de translation homme/femme ?
  • ? Attention au retour d’une violence masculine dans le couple, dans le cadre d’une
  • société moderne.

Remarque de conclusion : les femmes, les hommes ne sont que deux déclinaisons différentes d’une même nature humaine. On a donc une « unité dans la différence… ». Il ne faut pas l’oublier.

 

VI) Intervention de Mme Vianès :

 

Les éléments à retenir de cette intervention sont présentés sous forme de liste.

  • Objectifs de l’association « Regards de femmes » :
    • ? lutte contre les stéréotypes qui « enferment hommes et femmes dans des comportements attendus ». en prenant compte de toutes les différences h/f, il faut réaliser ensemble toutes les tâches de la vie.
  • La Révolution française a affirmé que « le passé n’est pas immuable » - (Condorcet)
  • Trois étapes dans le combat féminin :

1.     1789_1970 – « Avoir les mêmes droits que les hommes », vote, travail, salaire

2.     A partir de 1970 – « Disposer de son ventre et de son désir », les droits acquis restent un leurre tant qu’il ne sont pas mis en oeuvre. IVG. « Lutte contre les violences conjugales et le harcèlement sexuel », cependant, il s’agit de ne pas victimiser les femmes. Il faut déconstruire les modèles de représentation féminines qui les abaissent.

3.     « Le champ du droit »

  1. ? Lutte pour la parité et la représentativité
  2. ? Déconstruire la logique de hiérarchie homme/femme

Conclusion : par une question : comment créée-t-on une société dans laquelle le féminisme n’est pas un concept mais une réalisation définitive ?

 
VII) Questions

Pourquoi les femmes ont elle accepté de se soumettre à la « loi des hommes » ?

Pistes proposées :
  • Une sorte de consentement du dominé
  • Difficulté d’affronter les hommes car les rapports de forces dans la société  ne permettaient pas aux femmes de s’opposer.
  • Il faut des conditions objectives pour faire bouger les stéréotypes. Mais on n’a pas encore les éléments pour résoudre cette sorte d’énigme.
 

VIII) Remerciements – Clôture

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